MOUNTAIN WILDERNESS
UN PROJET D'AVENIR POUR LA MONTAGNE

 

QUELQUES PROPOSITIONS CONCRETES à l'intention des élus, des décideurs, des collectivités,... et de chacun de nous.

 

A. Nouvelles activités et population

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

Toutes les régions de montagne, surtout les régions non touristiques en voie de désertification, par exemple en moyenne montagne.

3. Propositions

4. Commentaires

 

B. Tourisme

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

5. Réflexions générales sur le Tourisme

i. Le tourisme : une composante du développement local montagnard.

La relation, qu'elle soit du domaine de l'action où de l'imaginaire, que chacun entretient avec l'espace montagnard, résulte notamment de l'image de la montagne donnée à la collectivité par les pratiques touristiques.

Mountain Wilderness privilégie une approche du développement local et du tourisme respectant l'intégrité des populations locales et des espaces naturels.

Dans le domaine du tourisme, cela conduit à des pratiques conduisant à la responsabilité des individus face à la nature et à ses aléas, ainsi qu'à un mode d'accueil où la convivialité trouve une large place.

Il ne s'agit pas d'étendre la notion de wilderness aux espaces habités de moyenne montagne, mais de réunir les conditions qui permettront à chacun, de manière pérenne, de percevoir la notion de wilderness, ou plus simplement un espace naturel non aseptisé ou urbanisé.

Le tourisme est une des composantes du développement local montagnard.

Il a souvent été considéré comme une industrie intensive et de nombreux espaces lui ont été sacrifiés.

Il apparaît que les attentes de la clientèle des stations évoluent vers des besoins de nature, de qualité et d'authenticité plus grands.

La plupart des stations de sports d'hiver ont aménagé, voire urbanisé la montagne à un tel point qu'il leur est difficile de satisfaire sur place les nouvelles attentes de leurs clients.

Nous assistons donc actuellement à des mouvements visant à satelliser à ces stations des villages ayant jusqu'alors échappé au tourisme " dur ".

Ces espaces et leurs habitants seront-ils sacrifiés sur l'autel de la reverdisation des stations intégrées et réduits à l'état de réserves folkloriques ?

Ce tourisme que nous appelons " dur " résulte d'une approche où la montagne n'est qu'un matériau au service d'une exploitation intensive des ressources financières des touristes, tolérés dans la mesure où leur contribution est significative.

Pour Mountain Wilderness l'alternative au tourisme " dur " ne consiste pas en un alibi " vert ". Elle doit être construite à partir d'une approche globale du développement, dans lequel le tourisme ne constitue qu'une facette, certes importante pour l'économie locale, parmi d'autres.

Il appartient alors aux élus locaux, ainsi qu'à tous les professionnels du développement local, de concevoir et mettre en œuvre des projets globaux de développement intégrant l'environnement naturel dans les composantes humaines, patrimoniales et économiques : agriculture, sylviculture, artisanat, tourisme...

Nous encourageons donc les professionnels du développement, dont les élus sont au premier rang, à porter un regard neuf sur leurs problèmes et à s'assurer que les questions ont été posées avant que les solutions ne soient mises en œuvre, notamment en matière d'aménagement touristique.

Les médias et l'État sont des acteurs importants dans la transmission de l'image de la montagne, tant auprès des populations et élus locaux que des touristes potentiels.

Les représentations communiquées actuellement privilégient le tourisme dans les " stations " et le ski sur pistes toujours équipées de remonte-pentes et d'enneigement artificiel.

Une approche alternative du développement touristique repose notamment sur une nouvelle présentation de la montagne et de ce qu'il est possible d'y faire.

C'est pourquoi il est nécessaire d'élargir les notions de " sports d'hiver " et de " station de sports d'hiver " actuellement exclusivement associées à ce que nous avons appelé le " tourisme dur ", à l'ensemble des pratiques hivernales en montagne et des lieux d'accueil concernés.

ii. Des espaces privilégiés : les zones périphériques des Parcs Nationaux.

Il est évident que l'intégrité des Parcs Nationaux ne s'accommode pas d'aménagements à outrance sur leur périphérie.

Il est donc stérile de prétendre jouer sur une opposition dans la vocation des espaces que sont les Parcs et leur périphérie.

Il nous semble plus positif pour les communes limitrophes et pour les Parcs de travailler sur la complémentarité des espaces.

Les communes situées en zone périphérique des Parcs Nationaux disposent d'atouts importants pour la promotion d'un tourisme " doux ". Certaines d'entre elles le reconnaissent maintenant.

Toutes doivent engager des démarches originales, ou le tourisme peut être développé en harmonie avec l'agriculture, la sylviculture et l'artisanat.

Pour cela elles pourraient être efficacement conseillées par les Parcs, qui travailleraient ainsi à atteindre un des objectifs que leur fixait la loi créant les Parcs Nationaux.

Il faut pour cela une réelle volonté politique de l'État, qui reste à exprimer clairement et à traduire par des moyens sur le terrain, à mettre à la disposition des Parcs.

iii. Une responsabilité partagée par la clientèle touristique et les pratiquants des sports de montagne.

Nous sommes conscients du fait que la demande, au même titre que l'offre, et les pratiques touristiques induisent un mode de développement, voire de non-développement.

Il importe donc que chacun, avant de faire le choix de son lieu de résidence de vacances, soit conscient de la portée économique, voire politique de son acte.

L'autonomie totale pratiquée par certains adeptes (nous en sommes parfois) des sports de montagne conduit parfois à ne considérer la montagne que comme un terrain d'aventure.

Là encore, interrogeons-nous, individus, encadrant de collective, responsable de club... sur la portée de nos actes.

Convivialité et simplicité sont des atouts d'un grand nombre de gîtes, refuges et commerces de montagne. Nos actions individuelles leur permettent d'assurer la pérennité de leur activité et contribuent au développement local.

 

C. Agriculture

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

 

D. Activités éducatives

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

Tous les terrains de montagne se prêtant à des combinaisons d'activités ludiques (escalade, canyoning, VTT, parapente, etc...) et fréquentables au printemps et à l'automne ; par exemple Alpes du Sud, sud du Massif central, Pyrénées Orientales

3. Actions

Généraliser les "classes vertes" existant actuellement en diminuant la part des "classes de neige" trop exclusivement orientées vers le ski de piste pour en faire des "classes montagne" multi-activités, où les nouvelles activités doivent jouer un rôle d'appel, mais non exclusif.

Encourager les chantiers de restauration de monuments, hameaux, etc.. en montagne, par des associations.

4. Commentaires

Certains locaux de centres de vacances sont encore utilisés presque uniquement pendant les vacances scolaires d'été et pourraient être mieux rentabilisés par la généralisation des classes vertes.

 

E. Activités "sociales"

1. Objectifs

Faire bénéficier l'environnement montagnard de travaux d'utilité collective accomplis dans le cadre de stages de prévention ou de peines de substitution.
Exemples de travaux :

2. Actions

Organiser en montagne des "stages" de travaux d'utilité collective, spécifiques à divers publics : "réinsertion sociale" pour des jeunes en difficulté, cas sociaux, peines de substitution pour délinquants mineurs, etc..

3. Commentaires

Pour ce type de "stage", il faut naviguer entre deux écueils : celui d'activités qui seraient perçues comme une nouvelle forme de travail forcé (entretien de forêts par exemple), ou à l'inverse de stages de loisirs ludiques qui seraient perçus par certains comme une prime à la délinquance. La bonne solution pourrait passer par une redécouverte de la "solidarité montagnarde".

Des expériences déjà menées d'assistance et d'encadrement de handicapés physiques en montagne semblent positives.
Exemple : St Sorlin d'Arves ; Septembre 1992/1993 : 10 détenus de la prison de Strasbourg accompagnés par un aumônier de ladite prison et de trois animateurs, emmènent 5 personnes handicapées en randonnée en montagne à l'aide de "joellettes" (chaises à porteurs équipées d'une roue) : les détenus offrent une aide physique aux handicapés qui en retour leur donnent 15 jours de liberté, ainsi qu'une aide morale.

 

F. Réhabilitation de la wilderness

1. Objectifs

Rendre conformes à une image "wilderness" des espaces dégradés ou abusivement équipés

2. Actions

3. Commentaires

La montagne est d'autant plus équipée qu'elle est facile d'accès, ce qui assimile fréquemment aujourd'hui les zones de wilderness à des terrains d'aventure réservés aux sportifs expérimentés et entraînés. Cet état de fait est largement à l'origine de l'amalgame "wilderness = élitisme".

 

G. Transport : desserte

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

 

H. Transport : transit

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

 

I. Protection des zones périurbaines situées au pied des massifs

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

 

J. Investissements publics

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

3. Actions

4. Commentaires

 

K. Montagne européenne et Europe de la montagne

1. Objectifs

2. Terrain d'intervention

Toutes les montagnes d'Europe

3. Actions

4. Commentaires

 

L. CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Ce document n'est que l'état provisoire d'une réflexion qui doit se poursuivre. Son but est de servir de base à la reflexion au sein de Mountain Wilderness, ainsi qu'à l'extérieur du mouvement. Les propositions qui y sont faites devront encore s'enrichir de contributions de tous les membres de l'association, des spécialistes et des responsables concernés.

 

M. ANNEXES

Synthèse d'enquêtes de terrain

1. Gavarnie

Une commune dans un site naturel exceptionnel engagée dans un processus d'"embellissement, de protection, de développement".

Ce qui caractérise Gavarnie :

La volonté des élus et de l'État d'agir pour :

Depuis 1990, les travaux réalisés ou engagés ont porté sur :

Par ailleurs, des réflexions sont engagées sur l'allongement de la durée de visite, sur la fréquentation en demi-saison et en hiver, sur la coopération entre les hôteliers et les commerçants.

Aujourd'hui, la commune envisage de supprimer le stationnement au col de Boucharo et de le ramener au col des Tentes ou aux Espécières.

Le résultat de tous ces efforts ne s'est pas fait attendre : Gavarnie - Mont Perdu a été inscrit à l'inventaire du patrimoine mondial de l'Unesco au titre de "paysage naturel" et de "paysage culturel".

2. Pinsot (Isère, région d'Allevard. Altitude du bourg : 720 m).

Une commune face à la déprise agricole.

Ce qui caractérise Pinsot :

En résumé : une commune qui risque de s'endormir sous ses arbres.

La commune fait partie des zones d'attribution de la Prime à l'Entretien des Zones de montagne Menacées d'Abandon mise en place par le Conseil Général de l'Isère.

La commune souhaite développer le tourisme vert et stopper la fermeture du paysage. Dans ce but, elle s'est dotée en 1986 d'une réglementation des boisements qui prévoit des zones de boisement interdit. Cette réglementation protège la plupart des zones agricoles, à l'exception de certains hameaux.

Une étude engagée par la Fédération des Alpages de l'Isère montre que des actions volontaires de gestion peuvent inverser la tendance observée depuis les années 50. 'l s'agit de sauvegarder les espaces actuellement entretenus, d'éviter l'enrésinement de nouveaux secteurs et de reconquérir certaines parcelles en friche. Pour la plupart, ces actions peuvent être conduites par la commune : faire respecter et renforcer la réglementation de boisement, procéder à des coupes pour dégager les hameaux "encerclés" par la forêt, mettre en place des plans de gestion avec les exploitants susceptibles d'entretenir des parcelles en friche, développer la coopération avec les bergers transhumants, sensibiliser et responsabiliser les habitants sur le thème de la fermeture du paysage, éviter l'implantation permanente de caravanes ou d'abris précaires etc.

3. Aussois

Une station village au développement maîtrisé, une orientation "qualité" à pérenniser. Depuis 1969, année de lancement de sa station de ski, la commune d'AUSSOIS bénéficie de nombreux atouts :

Grâce à une gestion saine, à une politique soutenue d'investissements, et aussi au rôle attractif et "garde-fou" du PNV, la commune a su créer des emplois, aussi bien pour ses jeunes que pour des nouveaux arrivants, préserver l'équilibre entre le tourisme d'été et d'hiver, réagir à la crise récente des sports d'hiver en divertissant son offre de loisirs et en cherchant une meilleure qualité d'accueil.

Aujourd'hui, comment aider Aussois ?

Pour toutes ces actions, le soutien financier et réglementaire de l'État est nécessaire.

Quant à la commune, elle pourrait désormais freiner sa croissance, tant au plan des équipements que de l'habitat, au profit d'une orientation durablement qualitative.

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